Etats-Unis – Catherine la conquérante
Publié dans le magazine Books n° 31, avril 2012.
Lectrice boulimique, ouverte aux idées nouvelles et amie de Diderot, la grande impératrice russe a pourtant moins bien réussi ses réformes que ses conquêtes militaires.
À 82 ans, l’Américain Robert K. Massie se hisse à nouveau parmi les meilleures ventes de livres outre-Atlantique avec une biographie consacrée à Catherine II. Cet historien amateur, passionné par la Russie impériale, avait déjà triomphé en 1967 avec Nicholas and Alexandra, où il racontait la fin tragique des Romanov. Il avait alors su « captiver une génération plongée dans les sombres réalités de la Guerre froide et prompte à adopter une vision idéalisée de la Russie pré-révolutionnaire », rappelle Jennifer Siegel dans le Wall Street Journal. En 1981, il obtenait le prestigieux prix Pulitzer pour un essai sur Pierre le Grand.
C’est en 2004 que Massie a commencé à s’intéresser à « Catherine la Grande », dont le parcours constitue l’une des plus étonnantes success stories du XVIIIe siècle européen. Issue d’une famille obscure de la petite aristocratie allemande, mal aimée par une mère...