Publié dans le magazine Books n° 16, octobre 2010. Par Markus Roth.
Dans la Pologne occupée par l’Allemagne nazie, les chefs de district étaient pour la plupart des juristes instruits et des administrateurs qualifiés. Ils n’en firent pas moins régner la terreur. Beaucoup sortirent indemnes de la dénazification. L’historien Markus Roth résume l’ouvrage qu’il leur a consacré.
L’invasion commença le 1er septembre 1939 à la première heure. L’armée allemande avança avec chars et avions, bombardant Varsovie et d’autres villes polonaises. Moins de quatre semaines plus tard, l’armée polonaise capitulait. Il faut dire qu’entre-temps [le 17 septembre], en vertu du pacte germano-soviétique, les troupes de Staline avaient elles aussi fait irruption, par l’Est (1). Dès les premières semaines, les
Einsatzgruppen de la police de sécurité tuèrent des milliers de membres de l’élite polonaise (2). Les envahisseurs mirent le feu aux synagogues, pillèrent églises et musées, magasins et habitations. Les prisonniers de guerre et les civils juifs polonais furent massacrés et violés. Les soldats et les policiers allemands eurent quasiment les mains libres.
C’était le début d’un régime d’occupation qui devait coûter à la Pologne 6 millions de ses citoyens, dont 3 millions de confession juive. Sur ordre de Hitler, les régions occidentales, rapidement intégrées au Reich, devaient être « nettoyées de leurs Juifs et de leurs Polacks ». Dans des villes comme Poznań, Gniezno ou Łódz, rien ne devait plus évoquer la Pologne. En 1940, Łódz...