Meurtrière course au trésor

En 1702, pendant la guerre de Succession d’Espagne, la mer a englouti des dizaines de frégates et de galions lors de la bataille navale de Rande, l’une des plus mémorables pour les habitants de Vigo, en Galice. Les Anglo-Hollandais convoitaient la cargaison des galions espagnols arrivant du Nouveau Monde que les Français tentaient de protéger, sans grand succès. Les navires qui y ont sombré ont même inspiré Jules Verne : dans Vingt mille lieues sous les mers, le capitaine Nemo parcourt les eaux de la baie de Vigo pour ravitailler le Nautilus.


María Oruña tisse deux histoires qui s’entremêlent. La première commence de nos jours avec la découverte sur la plage de A Calzoa du corps sans vie de Lucía, une historienne navale qui, avec son mari Marco, avait consacré sa vie à la recherche de trésors sous-marins. Le sous-inspecteur Pietro Rivas tente de résoudre l’énigme de l’assassinat de Lucía, en compagnie de Nagore Freire, une femme extravagante qui semble sortie d’une autre époque, et d’une étrange bande d’enquêteurs, de plongeurs, d’archéologues et de scientifiques. De nouveaux crimes se produisent, et le sous-inspecteur apprend que derrière cela se cache une bande de chasseurs de trésors qui veulent mettre la main sur les richesses cachées d’un galion fantôme enfoui au sud des îles Cíes, face à Vigo. Ce galion n’est autre que L’Albatros noir.   


La deuxième histoire nous transporte au début du XVIIIe siècle. Après quelques années dans le Nouveau Monde avec sa famille où elle développe son amour pour la nature et les insectes, la jeune Miranda Quiroga est mariée de force avec un important propriétaire terrien. En 1702, devenue veuve, elle décide de retourner dans sa ville de Vigo. Elle devra choisir entre devenir la première femme entomologiste de l’Histoire ou défendre sa ville de la menace anglo-hollandaise qui se profile à l’horizon. Cela l’amènera à s’impliquer dans la bataille de Rande, avec l’aide d’un étrange noble et d’un ex-moine devenu corsaire.


« À mon avis, les romans doivent comporter différents niveaux et c’est au lecteur de décider jusqu’où il veut aller, confie María Oruña à La Voz de GaliciaMon roman est fait pour divertir, il y a de l’amour, de l’humour, de l’action. L’intrigue policière s’intègre dans un récit historique. » Faisant allusion aux trésors qui restent enfouis au large des côtes espagnoles, elle dénonce aussi « l’abandon de notre patrimoine ».   

LE LIVRE
LE LIVRE

El albatros negro de María Oruña, Plaza & Janés, 2025

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