JFK, Oswald et le hasard
Publié le 27 octobre 2017. Par La rédaction de Books.

Lee Harvey Oswald, 1963
Les derniers documents relatifs à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy n’ont pas été rendus publics jeudi, comme Donald Trump l’avait annoncé. De quoi relancer la thèse du complot. Penser que Lee Harvey Oswald ait agit seul est une explication «insatisfaisante » pour beaucoup d’Américains, explique la journaliste Priscilla Johnson McMillan dans Marina and Lee, la biographie qu’elle a consacrée à Oswald. Selon The New York Times, ce livre, publié en 1977 et réédité en 2013 lors du cinquantième anniversaire de la tragédie de Dallas, a fait ce que la commission d’enquête sur l’assassinat n’a pas réussi dans son rapport. McMillan approche la motivation d’Oswald au plus près. Elle a recueilli le témoignage de sa veuve Marina, avec qui elle a partagé les droits du livre, mais elle est surtout la seule personne à avoir rencontré la victime et son assassin.
Au début des années 1950, fraîchement diplômée, elle avait intégré l’équipe du sénateur Kennedy. En 1959, devenue journaliste, elle séjourne, au cours d’un reportage en URSS, dans le même hôtel qu’un jeune Américain qui s’apprête à demander l’asile politique à Moscou : Oswald. Il se dit marxiste et confie à la journaliste qu’il a une mission dans la vie : « Je veux donner au peuple américain matière à réfléchir ». Mais, déçu par la bureaucratie soviétique, deux ans plus tard il rentre au pays, accompagné par son épouse, rencontrée à Minsk, Marina et leur fille. Il arrive difficilement à faire vivre sa famille et décide d’essayer de mettre à bas le capitalisme. Selon McMillan, Oswald n’en voulait pas à Kennedy, il souhaitait atteindre un symbole du libéralisme américain. Le reste n’est que coïncidences : JFK était au mauvais endroit au mauvais moment. Oswald découvre le parcours de la parade dans le journal quelques jours seulement avant son passage. Quand il a su que la limousine du président passerait juste à côté de l’immeuble où il travaillait, il y a vu un signe du destin. « La tragédie de l’assassinat du président est terrible par son caractère aléatoire », écrit McMillan.
A lire dans Books : Chère Jackie Kennedy…, août 2010.