« Ma mère est-elle toujours en vie ? »
Publié dans le magazine Books n° 45, juillet-août 2013.
Dans les camps soviétiques, il était interdit de tenir un journal. Un jeune soldat allemand a pourtant réussi à le faire, à la fin de la guerre : sur des feuilles de papier à cigarette reliées dans un morceau d’uniforme. Nous publions les premières pages de ce texte inédit, qui témoigne de l’importance, dans ces circonstances, de l’ici et maintenant.
15 avril 1945
Suis depuis le 23.2 à OK II (1). Je ne fais rien, suis allongé sur ma paillasse et attends le repas. […] La nourriture est bonne, mais il y en a peu ! Linz est tombée le 12.3 sans combattre (2). La guerre touche à sa fin.
16 avril L’après-midi, concert/musique de danse.
19 avril Hier, manifestation des jeunes ! Grandes discussions. On dit beaucoup de bêtises, mais beaucoup de choses sensées aussi !
24 avril Anniversaire de ma mère – mes pensées reviennent sans cesse à elle. Est-elle toujours en vie ? Plaise à Dieu que oui ! Et que je puisse retourner chez nous et la revoir. Quand le temps des souffrances prendra-t-il fin ? Oui, mère… La nourriture de l’hôpital est très frugale en ce moment, sans saveur ! Beaucoup de calme. Mais l’espoir de la paix et du retour chez soi nous permet de tenir. Que peut faire Kuhbach ? Je pense souvent à Alice. Celui qui apprend à juger apprend bien assez tôt à quel point les hommes sont méprisables, celui qui a l’âme sensible doit s’attendre à éprouver bien des douleurs, en voyant comme les chimères...
16 avril L’après-midi, concert/musique de danse.
19 avril Hier, manifestation des jeunes ! Grandes discussions. On dit beaucoup de bêtises, mais beaucoup de choses sensées aussi !
24 avril Anniversaire de ma mère – mes pensées reviennent sans cesse à elle. Est-elle toujours en vie ? Plaise à Dieu que oui ! Et que je puisse retourner chez nous et la revoir. Quand le temps des souffrances prendra-t-il fin ? Oui, mère… La nourriture de l’hôpital est très frugale en ce moment, sans saveur ! Beaucoup de calme. Mais l’espoir de la paix et du retour chez soi nous permet de tenir. Que peut faire Kuhbach ? Je pense souvent à Alice. Celui qui apprend à juger apprend bien assez tôt à quel point les hommes sont méprisables, celui qui a l’âme sensible doit s’attendre à éprouver bien des douleurs, en voyant comme les chimères...
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