« C’était un visage de jeune femme, merveilleusement dessiné, un buste, en robe splendide ; un visage de teinte presque livide, d’une beauté triste et couronné d’une haute masse de cheveux, tirés en arrière, qui avaient dû, avant que le temps n’en atténuât la couleur, ressembler à ceux de Milly (1). »
La femme magnétique qui inspira à Henry James ce passage des
Ailes de la colombe fut peinte au cœur du Cinquecento par Bronzino, représentant talentueux d’une période dont il fut aussi le grand oublié. Les spécialistes ont longtemps méprisé ce maniériste resté dans l’ombre des illustres Michel-Ange et Raphaël. Une importante rétrospective lui rend aujourd’hui hommage, qui « ne voyagera pas au-delà de Florence, et pourrait ne jamais se répéter », eu égard à la fragilité des œuvres accrochées, souligne le
Telegraph. Ses portraits sont pour le quotidien britannique l’une des excellentes raisons de visiter l’exposition. Comme celui de Lucrezia Panciatichi qui fascina Henry James, « ils évoquent une présence humaine intense – des visages au regard fixe, hantés, annonciateurs...