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WP_Post Object ( [ID] => 89665 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-27 08:01:17 [post_date_gmt] => 2020-07-27 08:01:17 [post_content] =>L’interview est un genre, parfois un art. Le genre est récent. Il a été inventé par la presse américaine. Le mot lui-même est apparu en 1867. L’une des premières interviews en bonne et due forme, et l’une des plus célèbres, a été réalisée par le journaliste R. Landor pour le New York World, le 18 juillet 1871. L’interviewé n’était autre que Karl Marx. On était au lendemain de la Commune. Landor s’est rendu chez Marx, qui avait lui-même un passé de journaliste. Avant d’en venir aux questions-réponses, rendues de manière apparemment fidèle et dans un style très direct (quand Marx rit, il le précise), il présente l’homme et décrit son intérieur, dans son appartement de Londres: « Karl Marx est un docteur en philosophie, pourvu d’un vaste savoir d’Allemand, tiré tant de son observation du monde que des livres […]. Son environnement et son allure sont ceux d’un homme aisé de la classe moyenne. Le salon où je fus introduit ce soir-là aurait pu être celui d’un agent de change prospère qui avait fait ses preuves et était en train de faire fortune. C’était le confort personnifié, l’appartement d’un homme de goût pourvu de moyens, sans rien qui reflète les particularités de son propriétaire. Seul un bel album de vues du Rhin, posé sur la table, fournissait un indice de sa nationalité. Je m’approchai prudemment d’un vase posé sur un guéridon, en quête d’une bombe. Je cherchai l’odeur du pétrole, mais ne sentis que celle des roses. Je revins à pas de loup sur mon siège, m’attendant au pire. Il entra et m’accueillit avec chaleur. Et nous voilà assis, face à face. Oui, un tête-à-tête avec la révolution incarnée, avec l’authentique fondateur et guide spirituel de la Société Internationale […], en un mot, avec l’apologiste de la Commune de Paris ».
[post_title] => Le vent du large [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => le-vent-du-large [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2020-07-30 12:35:44 [post_modified_gmt] => 2020-07-30 12:35:44 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=89665 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
Vous ne trouverez rien de semblable dans ce numéro de Books, mais l’inspiration n’est pas si éloignée. La sélection d’entretiens que nous vous présentons, réalisés au cours des douze dernières années, répond au souci de présenter au lecteur français le point de vue, la réflexion, la pensée et le savoir d’auteurs venus d’ailleurs, qui apportent un regard différent de ceux dont nous sommes coutumiers. Certains de ces intellectuels, femmes et hommes, peuvent faire figure d’iconoclastes, mais leur analyse est toujours fondée sur une recherche approfondie ou une expérience peu commune. Rien de gratuit. On peut ne pas être d’accord, mais même lorsque leur pensée s’oppose radicalement à ce que nous croyons, le
soupçon s’insinue que l’erreur n’est peut-être pas forcément de leur côté. Un dialogue s’instaure, parfois dérangeant, toujours enrichissant. Nous sommes bien là au cœur de la mission de Books : ouvrir les fenêtres sur le vent du large.
WP_Post Object ( [ID] => 89411 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-23 20:16:54 [post_date_gmt] => 2020-07-23 20:16:54 [post_content] =>Erik Edstrom est diplômé de l’Académie militaire de West Point. Il a servi comme chef de peloton d’infanterie dans les zones les plus dangereuses d’Afghanistan. Il a reçu une médaille pour sa bravoure au combat. Et dans Un-american, son livre mi-mémoire mi-manifeste, il dénonce le militarisme de son pays.
« Il y a eu de nombreux récits de vétérans sur les guerres actuelles, mais c’est le premier qui me rappelle les textes désabusés des vétérans britanniques de la Première guerre mondiale, consignant une nouvelle défiance envers la nation qui les a envoyés à la guerre et envers les officiers qui les ont conduits au combat », remarque Thomas Ricks, journaliste spécialiste des questions militaires, dans The New York Times.
La défiance du vétéran
Edstrom raconte l’impréparation des jeunes soldats, les connivences avec les seigneurs de guerre locaux, les civils pris entre les deux, les morts dans tous les camps. Il décrit des missions sans aucun sens, mais coûteuses en vies humaines comme celle qu’il appelle « Opération babysitting de l’autoroute ». « Ça fonctionnait comme ça : l’infanterie sécurisait la route permettant au convoi logistique de ravitailler l’infanterie pour que l’infanterie puisse sécuriser la route pour que la logistique ravitaille l’infanterie, et ainsi de suite ad nauseam », écrit-il. Et tout ça sous une pluie de balles et d’obus, sans qu’à la fin personne ne gagne.
Être du bon côté
De mission en mission, de tuerie en tuerie, Edstrom n’est plus sûr d’être « un gentil ». Il a l’impression d’être dans Star Wars, et de défendre l’Étoile de la mort. Son pays dépense des milliards dans des équipements high-tech d’une grande complexité alors que les Talibans, eux, se contentent d’utiliser des objets du quotidien (engrais, téléphone portable, batterie de voiture…) pour fabriquer des explosifs autrement plus redoutables.
« Edstrom pose des questions difficiles que les Américains comme leurs dirigeants esquivent depuis des années, remarque Ricks. Par exemple, il calcule que l’armée américaine a tué plus de 240 000 civils au cours de ses dernières guerres, soit 80 fois plus que le nombre d’Américains tués lors des attaques du 11-Septembre. Combien en faut-il pour que ce soit assez ? »
À lire aussi dans Books : Le combat perdu de l’Afghanistan contre la corruption, septembre/octobre 2018.
[post_title] => Afghanistan : le blues du GI [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => afghanistan-le-blues-du-gi [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2020-07-23 20:16:56 [post_modified_gmt] => 2020-07-23 20:16:56 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=89411 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
WP_Post Object ( [ID] => 88851 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-16 18:40:01 [post_date_gmt] => 2020-07-16 18:40:01 [post_content] =>Le piment est aujourd’hui indissociable de la cuisine chinoise. Et pourtant l’historien américain Brian Dott montre que ce fruit s’est implanté presque par hasard en Chine. Originaire d’Amérique, il y serait arrivé à la fin du XVIe siècle via l’Espagne et le Portugal dans les cuisines des navires marchands. Contrairement à d’autres épices vendues à l’époque (poivre noir, noix de muscade…), il était très bon marché, du fait notamment qu’il pousse facilement sous n’importe quel climat.
De l'Amérique à la Chine
Les marins ont donné ce « bon plan » à de petits cultivateurs. Et bientôt les classes populaires ne purent plus s’en passer pour l’assaisonnement et la conservation des aliments. « Cette transmission discrète fait qu’il est difficile de déterminer où et quand exactement les piments ont été pour la première fois cultivés et consommés dans les différentes régions de Chine », souligne la spécialiste de la cuisine chinoise Fuchsia Dunlop dans l’hebdomadaire britannique The Spectator. Dott en conclut qu’il y eut certainement plusieurs points d’entrée dans les années 1570 par la côte orientale, mais aussi via la péninsule coréenne.
Cuisine et médecine
Les traces écrites de cette arrivée sont rares. Les élites chinoises jugeant vulgaire la nourriture épicée, les livres de cuisine commencent à mentionner le piment seulement vers 1790. « Dott assure que l’intégration du piment dans la médecine traditionnelle a été la clé de sa diffusion à travers toute la Chine », précise Dunlop. L’historien explique ainsi certaines préférences régionales pour ce tonique. Le piment est ainsi particulièrement bien implanté dans le Hunan où il fait partie de l’identité locale. Mao Zedong qui était originaire de cette province en avait même fait un symbole politique : qui ne mangeait pas de piment ne pouvait pas être révolutionnaire.
À lire aussi dans Books : Le buffet des dieux, juillet-août 2015.
[post_title] => Comment la Chine s’est mise au piment [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => comment-la-chine-sest-mise-au-piment [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2020-07-16 18:40:02 [post_modified_gmt] => 2020-07-16 18:40:02 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=88851 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
WP_Post Object ( [ID] => 88550 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-13 17:14:06 [post_date_gmt] => 2020-07-13 17:14:06 [post_content] =>Avec La musa fingida, Max Besora est bien décidé à « dépoussiérer la tradition littéraire catalane », comme il l'explique dans la revue culturelle Pliego Suelto. Connu pour ses romans volontiers sardoniques, l’écrivain barcelonais emprunte cette fois à des genres dits mineurs, tels que le gore ou la science-fiction, pour raconter une sanglante histoire de vengeance. « Si vous n’aimez pas un tant soit peu les films de Tarantino, ce livre n’est pas pour vous », prévient Magí Camps dans le quotidien La Vanguardia.
Sanglante histoire de vengeance
Le père de la famille Holopherne est un catholique fervent qui, pour « extraire Satan » du corps de sa fille Mandy Jane, entreprend de la violer à répétition. Celle-ci finira par se révolter dans un déferlement de violence. Aussi minimaliste que soit l’intrigue, elle permet à Besora de camper une série de personnages ubuesques. À l’instar des employés de la boucherie Pompeu Fabra – du nom du grammairien à l’origine de la standardisation de la langue catalane –, qui n’hésitent pas à hacher menu les clients qui ne s’expriment pas dans un néo-catalan parfait. Ou encore Manuel, le hamster de la famille, qui, pour des raisons non explicitées, est doué de parole et exhorte les animaux à faire la révolution contre les humains avec la verve d’un Salvador Allende.
Surréalisme grotesque
« Tout lecteur familier du surréalisme grotesque, de l’humour excentrique, des intrigues décousues et des parodies linguistiques de Besora pourra confirmer qu’il est ici à son meilleur », se réjouit Ponç Puigdevall dans l’édition catalane du quotidien El País. « Le livre est subversif dans le fond comme dans la forme, renchérit Jordi Nopca dans Llegim, le supplément Livres du quotidien catalan Ara. Dans la première partie du roman, il n’y a ni point, ni virgule ».
Besora prend effectivement un malin plaisir à subvertir la langue, à l’émailler de spanglish et de formules argotiques. Ce jeu linguistique se double d’un jeu métafictionnel : le personnage de Mandy Jane apostrophe son créateur et lui reproche la façon dont il l’a représentée. Elle lui intime même de réécrire certains passages qu’elle trouve sexistes et, ce faisant, se mue en « vengeresse de toutes les femmes chosifiées par les romanciers ».
À lire aussi dans Books : Vague de science-fiction néo-nazie, septembre 2009.
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WP_Post Object ( [ID] => 88204 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-09 16:53:34 [post_date_gmt] => 2020-07-09 16:53:34 [post_content] =>Si, en France, son nom nous parle peu, Benito Pérez Galdós (1843-1920) est considéré outre-Pyrénées comme une figure de proue du roman réaliste. D’aucuns le tiennent même pour le plus grand romancier de langue espagnole avec Cervantès. Il faut dire que l’œuvre de Galdós est proprement vertigineuse : on lui doit près d’une centaine de romans, 23 pièces de théâtre, ainsi qu’une importante somme d’articles et essais. Livre après livre, ce « Balzac espagnol » s’est attaché à dépeindre les mœurs de ses contemporains et la société de son temps. À l’occasion du centenaire de sa mort, Yolanda Arencibia publie Galdós. Una biografía, une biographie que certains qualifient déjà de « définitive ».
Une biographie monumentale
« Le don de l’auteure pour la synthèse et l’analyse place son livre au même niveau que celui de Pedro Ortiz-Armengol, Vida de Galdós (« Vie de Galdós »), la biographie de référence jusqu’à ce jour », estime Rafael Narbona dans le magazine El Cultural. Et David Barreira de renchérir dans le quotidien en ligne El Español : « C’est une biographie monumentale, non seulement de par son ampleur – plus de 800 pages, notes comprises – et le travail qu’elle représente – Arencibia a passé 30 ans à examiner la vie de l’écrivain –, mais surtout en vertu du portrait précis et flamboyant qui s’en dégage ».
La figure de proue du roman réaliste espagnol
De fait, Yolanda Arencibia, titulaire depuis 25 ans de la chaire Pérez Galdós à l’Université de Las Palmas, dans les Îles Canaries, passe pour la plus grande spécialiste de l’écrivain espagnol. Dans cette biographie fleuve, elle aborde bien sûr les célèbres Episodios nacionales, un ensemble de 46 romans qui explorent les convulsions politiques de l’Espagne du XIXe siècle – de la bataille de Trafalgar jusqu’à la restauration des Bourbons en 1874. Mais elle fait aussi la part belle à des textes plus confidentiels, comme ses premiers articles de presse qui, par la suite, irriguèrent son œuvre romanesque. « Une large partie du livre est consacrée à l’œuvre théâtrale de Galdós, très peu lue aujourd’hui », note l’historien de la littérature José-Carlos Mainer dans le quotidien El País. Tout n’avait pas été dit sur Galdós, constate Rafael Narbona. Et pour cause : c’est le propre des classiques d’être inépuisables.
[post_title] => Benito Pérez Galdós, l’inépuisable « Balzac espagnol » [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => benito-perez-galdosinepuisable-balzac-espagnol [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2020-07-09 16:53:35 [post_modified_gmt] => 2020-07-09 16:53:35 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=88204 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
À lire aussi dans Books : Vicente Blasco Ibáñez, de Valence à Hollywood, mai/juin 2018.
WP_Post Object ( [ID] => 88005 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-07 16:50:09 [post_date_gmt] => 2020-07-07 16:50:09 [post_content] =>« J’ai l’intention de piller, et de piller largement », déclare Hermann Göring lors d’une conférence le 6 août 1942 à Berlin. Sous sa houlette, près de cinq millions d’œuvres d’art seront spoliées par les nazis entre 1933 et 1945. Une bonne partie d’entre elles sont confisquées à des juifs, d’autres acquises pour une bouchée de pain dans les territoires conquis. Quelque 100 000 œuvres d’art seront ainsi soutirées en France, 30 000 aux Pays-Bas et 20 000 en Belgique, avance l’historien espagnol Miguel Martorell dans El expolio nazi.
Marchand d'art du IIIe Reich
Il s’agit d’une « enquête spectaculaire qui nous plonge dans un réseau enchevêtré de contrebandiers, de marchands d’art, de galeristes, de directeurs de musées, de fonctionnaires, de militaires et de diplomates », note David Barreira dans le quotidien en ligne El Español. Parmi ces personnages, le banquier allemand Alois Miedl, dont les tribulations servent de fil conducteur au livre. En 1937, voyant l’avidité avec laquelle les dignitaires nazis entendent s’approprier les joyaux de la peinture européenne, Miedl se reconvertit en marchand d’art. Très vite, il devient le plus important fournisseur de Göring et sillonne l’Europe à la recherche de trésors à barboter pour le compte du chef de la Luftwaffe.
« La vie de Miedl offre une perspective complexe sur une période qui l’était tout autant. En tant que courtier de Göring, il faisait partie de la machine de spoliation nazie. Il dépouillait les juifs, mais son épouse était juive, et il finit par fuir le IIIe Reich », raconte l’auteur dans le mensuel Letras Libres. En 1944, Miedl se réfugie en Espagne en emportant avec lui des dizaines de toiles de maîtres (Van Dyck, Corot, David…) qu’il compte revendre sur place, profitant de la complaisance des autorités franquistes.
Complicité espagnole
L’Espagne de Franco ne rompra ses relations diplomatiques avec l’Allemagne nazie que le 5 mai 1945, soit trois jours avant la capitulation, rappelle l’historien. Pendant de longues années, « des marchands d'art véreux du IIIe Reich ont déambulé librement en Espagne, avec la complicité de la dictature de Franco. Au point que dans plusieurs galeries du pays, on pouvait trouver des peintures provenant du pillage », s’indigne Javier Velasco Oliaga dans la revue en ligne Todo Literatura.
À lire aussi dans Books : L’homme qui faisait des Vermeer, janvier-février 2009.
[post_title] => Alois Miedl, spoliateur en chef [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => alois-miedl-spoliateur-en-chef [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2020-07-16 15:09:42 [post_modified_gmt] => 2020-07-16 15:09:42 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=88005 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
WP_Post Object ( [ID] => 87534 [post_author] => 7 [post_date] => 2020-07-02 17:40:56 [post_date_gmt] => 2020-07-02 17:40:56 [post_content] =>Tsuneno est morte en 1853 dans la capitale du shogunat Tokugawa Edo (aujourd’hui Tokyo). Elle avait 49 ans, et vivait chichement de petits boulots. Dix ans plus tôt, elle avait fui sa province natale après son troisième divorce. Fille d’un chef religieux local, elle savait lire et écrire et avait été dotée d’un beau trousseau. Quand elle l’eut entièrement vendu, le voisin qui l’avait aidée à rejoindre la capitale l’abandonna. Edo était en pleine tourmente politique et économique, la famine menaçait le pays.
Tsuneno n’est pas l’héroïne d’un roman, mais le sujet de recherche de l’historienne américaine spécialiste du Japon Amy Stanley. Celle-ci a découvert dans les archives de la préfecture de Niigata toute la correspondance numérisée de la famille de cette femme. Dans Stranger in the Shogun’s City, elle s’appuie sur ces lettres, ainsi que sur une foule de documents d’époque (Mémoires, annales…) pour étudier la fin de l’époque d’Edo.
Plongée dans l'époque Edo
« Nous pouvons entendre les samouraïs parcourir la ville, sentir les anguilles griller dans les petites échoppes, admirer les couleurs des affiches annonçant les spectacles de kabuki. Nous apprenons que les pauvres portent des vêtements en papier, qui ne peuvent jamais être lavés et que les riches se rendent chez le coiffeur pour leur coiffure élaborée », décrit l’universitaire David Chaffetz dans l’Asian Review of Books.La plupart des lettres de Tsuneno sont adressées à sa famille à la campagne et sont des appels à l’aide. Sa vie intérieure reste, elle, largement un mystère. Mais ces courriers sont parfois « d’une sincérité délicieuse », relève Lidija Haas dans le mensuel Harper’s Magazine. « Comme vous le savez déjà probablement, elle est très égoïste, donc s’il vous plaît, renvoyez-nous la si cela ne se passe pas bien », écrit ainsi Giyu, le frère de Tsuneno, à l’homme qu’il lui a choisi pour quatrième mari.
L'histoire d'une femme
« L'histoire avec un grand H est présente entre les lignes. L'incapacité du shogunat à faire face aux changements sociaux, les préparatifs de l’expédition du commodore Matthew Perry menée pour exiger l’ouverture des ports japonais aux navires de commerce américains, tout cela sous-tend l'histoire de Tsuneno et la façonne parfois, mais pas toujours. En tant que personne sans importance, en tant que femme, Tsuneno n'a pas sa place dans un certain type de récit historique, mais sans elle, pouvons-nous vraiment prétendre comprendre l'histoire du Japon ? », note Chaffetz.
À lire aussi dans Books : Les Japonaises sous l’empire du bento, juillet-août 2011.
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– Non ? Et ils sont nombreux ?
– Un peu plus qu’avant mais beaucoup moins que chez nous.
– C’est bien ce que je pensais, la France est un pays de collabos. »
D. P.
Colaborador est un mot espagnol employé au Mexique pour désigner un homme qui, sans que rien de sa sexualité soit -remis en question, collabore aux tâches ménagères (remerciements à Karine Tinat, à Mexico).
Aidez-nous à trouver le prochain mot manquant :
Existe-t-il dans une langue un mot pour désigner un irrésistible besoin d’embrasser ? Écrivez à
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WP_Post Object ( [ID] => 87488 [post_author] => 8 [post_date] => 2020-07-02 15:09:26 [post_date_gmt] => 2020-07-02 15:09:26 [post_content] =>Le bilan de l’actuelle pandémie ne sera pas seulement sanitaire, économique et social, il sera aussi et peut-être surtout politique, et ce pour deux raisons. La première est qu’on pourra comparer finement le déroulé et les effets des mesures prises par les différents États ou régions et s’interroger sur le cheminement qui a conduit les décideurs à orienter l’action dans une voie plutôt qu’une autre. À mi-chemin d’un tel bilan, le phénomène le plus frappant est bien entendu une étonnante cacophonie. Ce qui introduit la seconde raison : une telle pandémie était annoncée depuis longtemps et les États étaient donc en mesure de s’y préparer, avec des moyens déjà éprouvés dans d’autres cas, en particulier à l’occasion de l’épidémie de Sras en 2002-2003.
Le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) est aussi provoqué par un coronavirus. Son origine a été identifiée : des chauves-souris fer-à-cheval du Yunnan ont contaminé des civettes palmistes, petits carnivores nocturnes qui ont à leur tour contaminé l’homme, sans doute sur un marché où les civettes avaient été dépecées. On le sait parce que le génome du Sras est extrêmement proche de celui d’un coronavirus trouvé dans ces chauves-souris et ces civettes. Le schéma est probablement le même pour le Covid-19, dû à un virus de la même famille, très certainement venu d’une chauve-souris chinoise.
On s’interroge toujours, en revanche, sur l’animal qui a servi d’intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme. Le suspect numéro 1 reste le pangolin. Ce petit fourmilier couvert d’écailles est aujourd’hui le mammifère sauvage qui fait l’objet du plus gros trafic à l’échelle mondiale. Les Nations unies estiment que 142 000 spécimens ont été capturés en 2018, plus de dix fois plus qu’en 2014. Le principal marché est la Chine, où il est recherché pour sa chair et pour ses écailles, auxquelles on prête toutes sortes de vertus médicinales. Selon The Economist, plus de 700 hôpitaux chinois sont autorisés à prescrire des écailles de pangolin. Et des fermes de pangolins servent de couverture à un marché d’importation en principe illégal.
La plupart des pangolins qui se retrouvent sur le marché chinois viennent d’Afrique. Et c’est de là que pourrait bien venir la prochaine pandémie. Les marchés où sont dépecés les animaux sauvages pullulent aux abords des grandes forêts. Et la pression qui s’exerce sur ces forêts fait, littéralement, sortir le loup du bois. Le processus est bien décrit dans un article récent disponible en français 1.
La viande de brousse est traditionnellement recherchée pour ses qualités nutritionnelles. Mais la croissance démographique, la pauvreté et les conflits régionaux en augmentent beaucoup la consommation. Parallèlement, la déforestation et la fragmentation forestière multiplient les zones où les animaux voient leur habitat perturbé. C’est en particulier le cas des chauves-souris, dont il existe des centaines d’espèces et qui sont un formidable réservoir de virus. On évalue à 3 000 le nombre de coronavirus présents chez les chiroptères. Un virus de chauve--souris est responsable de la rage, un autre du Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) via le dromadaire, et d’autres sont fortement soupçonnés d’être à l’origine des fièvres hémorragiques de Marburg et d’Ebola. Les chauves-souris sont elles-mêmes consommées comme viande de brousse, à côté de rongeurs, de singes et de petites antilopes. Que ce soit par les chauves--souris ou d’autres animaux, toutes sortes de maladies d’origine virale mais aussi bactérienne ou parasitaire se transmettent à l’homme, moins d’ailleurs par la consommation (viande cuite) que par les gestes des dépeceurs. Les auteurs se penchent en particulier sur le cas des virus Ebola (quatre espèces), dans lesquels ils voient une « menace mondiale ». L’amélioration du réseau routier et le développement du transport aérien « aggravent le risque qu’une épidémie d’Ebola se transforme en pandémie ».
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