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Dans une bibliothèque de Kyoto, une journée pas comme les autres a été organisée le 15 novembre pour briser une règle longtemps sacrée : manger et boire dans un espace de lecture. Grâce à l’initiative d’une association locale, collations, boissons et ambiance conviviale – lectures jeunesse, ateliers créatifs, friandises – ont transformé la bibliothèque en lieu de rencontre et de partage. Exceptionnellement autorisée, cette liberté visait à créer du lien social et à attirer des enfants peu familiers de ces espaces. L’expérience, rare et strictement encadrée, soulève la possibilité de repenser le rôle traditionnel des bibliothèques. 

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Au Japon, les librairies peinent à survivre : en deux décennies, leur nombre a fortement diminué et de nombreuses communes sont aujourd’hui sans enseigne. Pour enrayer cette tendance, les autorités – par l’intermédiaire du ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) – ont conçu un plan de revitalisation. Celui-ci préconise notamment la modernisation des outils avec des étiquettes IC pour améliorer la gestion des stocks, et favorise les synergies entre librairies et bibliothèques afin d’élargir l’accès au livre. Par ce dispositif, le gouvernement vise à redonner aux librairies leur rôle de piliers culturels et à stimuler l’envie de lire. 

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La branche américaine de Humanoids, Inc. a officiellement déposé le bilan en vertu du chapitre 7 de la loi sur les faillites, contraignant l’entreprise à liquider ses actifs et à cesser ses activités aux États-Unis, en raison de dettes évaluées entre 10 et 50 millions de dollars. En revanche, sa filiale française, Les Humanoïdes associés, doit poursuivre ses opérations après une restructuration – le catalogue et la distribution étant maintenus. Pour le moment, le groupe assure que la production d’ouvrages en France reste assurée, malgré ce coup dur outre-Atlantique.

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Condamné à vingt ans de réclusion pour des faits de viol, de drogue et de violences abominables, Dominique Pélicot cherche désormais à faire publier, depuis sa cellule, un recueil mêlant poèmes, récits et fragments autobiographiques. Son avocate présente ce projet comme un exutoire thérapeutique, mais la perspective d’offrir une tribune à un auteur condamné ravive un débat délicat – à l’image de l’émoi suscité en 2002 par la publication d’un ouvrage de Patrick Henry. À ce jour, aucune maison d’édition n’a accepté le manuscrit, soucieuse des implications éthiques et médiatiques d’un tel choix. 

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« Une magnifique histoire du capitalisme » selon Amartya Sen, « un livre monumental, à lire absolument », selon Thomas Piketty, « un véritable tour de force » selon Peter Frankopan… Le fort ouvrage (1 300 pages) de l’historien de Harvard Sven Beckert est, à peine paru, sur la liste des bestsellers d’Amazon.

Dans le New York Times l’historien Marcus Rediker expose l’originalité d’une approche qui, au lieu de faire débuter le capitalisme en Europe, comme le veut la tradition, en décèle l’un des premiers vagissements dans la cité portuaire d’Aden, au XIIe siècle. Des lettres de marchands juifs, précise Gideon Lewis-Kraus dans le New Yorker, en attestent l’innovation essentielle : ce ne sont plus des marchands qui sillonnent les mers au risque de leur vie, mais des entrepreneurs qui financent des expéditions marchandes, au risque non de leur vie mais de leur capital. Si l’on en voit les prodromes au XIIe siècle, le capitalisme ne s’est cependant développé, selon ce même principe, qu’à partir du XVIe. La dynamique est d’emblée globale, sinon mondiale ; elle implique « le comportement particulier de marchands dans des lieux aussi éloignés que le Caire ou Changzhou », écrit Rediker. En créant des « réseaux de confiance élaborés s’étendant sur de longues distances, ils ont contourné et surmonté les résistances qu’ils pouvaient susciter, tant de l’aristocratie foncière que, en bas de l’échelle sociale, des cultivateurs et des artisans ». L’une des premières « villes capitalistes », selon Beckert, fut Potosí, dans l’actuelle Bolivie : tandis que mouraient un quart des ouvriers descendus dans les mines d’argent, « les riches Potosiens achetaient des diamants de Ceylan, des bas napolitains, du cristal de Venise et de la porcelaine de Chine ». Comme en témoignent encore la traite des Noirs et les guerres qu’il a provoquées, l’histoire du capitalisme est aussi celle de la violence.

Pour autant, le livre ne fait pas l’unanimité. Dans le New Yorker, Gideon Lewis-Kraus juge que Beckert fait bon marché de l’énorme impact de la technologie et aussi de l’implication croissante de l’État. Et il relève une forme de contradiction : d’une main l’auteur constate l’impossibilité de définir l’« essence » du capitalisme, de l’autre il aligne les métaphores pour décrire cette « essence » : « une force quasi géologique », écrit Beckert, « un arbre qui a percé la canopée… un torrent… un tsunami… une force qui modèle le monde », qui « incarne une logique unique… une tendance à croître, s’écouler et pénétrer tous les domaines d’activité ». Pour finalement lui trouver bel et bien une « essence », celle de « produire une diversité connectée ». Au bout du compte, écrit-il, « décrire le capitalisme comme un événement toxique porté par le vent, sans forme définie et toujours en expansion – ce n’est rien expliquer du tout ». 

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Invité à la Foire du livre de Kiev, l’écrivain colombien Héctor Abad Faciolince se rend en Ukraine, déchirée par la guerre. C’est à Kramatorsk, à une vingtaine de kilomètres de la partie du Donbass occupée par la Russie, qu’un missile balistique Iskander frappe une pizzeria où il dînait avec plusieurs personnes, dont l’Ukrainienne Victoria Amelina, journaliste, écrivaine et militante des droits humains. Alors qu’ils venaient d’échanger leur place à table, Abad ayant un problème d’audition, Victoria est tuée par des éclats de métal.

Ce moment nourrit une réflexion profonde sur le rôle de l’écrivain face à l’oubli, à la barbarie et à la nécessité de témoigner. Il se sent redevable envers Amelina, dont la plume documentait les crimes de guerre, et imagine qu’elle aurait fait de même pour lui si les rôles avaient été inversés. Le livre tente de garder vivante la mémoire de celle qui, en seulement quatre jours, est devenue une présence indélébile. Son fantôme lui dicte des mots. « Les histoires doivent se sauver coûte que coûte, sauter d’un corps presque mort à un corps vivant. »

Pourquoi a-t-il accepté de se rendre dans un pays en guerre ? Il aurait eu honte de refuser l’invitation de ses jeunes éditrices ukrainiennes, qui présentaient la traduction de son roman le plus célèbre, L’Oubli que nous serons (Gallimard, 2010). Par curiosité aussi, et une certaine lassitude, confie un Abad vieillissant, confronté à la perte progressive de ses sens. Il dit avoir cherché dans ce voyage une forme de rébellion contre une mort lente, une manière de se sentir vivant. À quoi s’ajoutait un sentiment de responsabilité : face à la désinformation et aux mensonges, l’artiste n’a-t-il pas le devoir, même si les livres ne changent pas le monde, de dire la vérité, de documenter l’horreur ?

Le récit oscille entre la culpabilité d’avoir survécu (pourquoi Victoria et pas lui ?) et une réflexion sur le sens de la mort. Abad évoque les hasards tragiques, les destins croisés. Dans un entretien avec le journal El Colombiano, il cite Joseph Conrad : « On ne meurt qu’une fois, mais il y a tant de façons de mourir ». L’œuvre d’Héctor Abad Faciolince est profondément marquée par l’assassinat de son père, Héctor Abad Gómez, médecin et défenseur des droits de l’homme, tué par des paramilitaires en 1987. 

[post_title] => Les éclats de Kramatorsk [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => les-eclats-de-kramatorsk [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-12-05 09:29:40 [post_modified_gmt] => 2025-12-05 09:29:40 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=133199 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
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Schopenhauer était grognon, méprisant, misanthrope et surtout misogyne, foncièrement solitaire, souvent méchant, enfin ultraconservateur voire rétrograde. Même sa mère le tenait à distance, lui écrivant qu’elle « le trouvait “horripilant, dominateur et insignifiant” – ce qui pousse à se demander ce que ses ennemis pouvaient bien dire de lui ! », ironise Terry Eagleton dans la London Review of Books. Mais toutes ces « qualités » ont informé sa philosophie à un degré presque jamais rencontré chez les autres (grands) philosophes. C’est du moins ce que veut montrer l’universitaire britannique David Bather Woods par cette biographie intellectuelle « dans laquelle il se penche davantage sur la vie de son sujet que sur sa pensée, comme toujours dans ce type de livre… Un genre très prisé des Britanniques », ironise encore Terry Eagleton. D’ailleurs Schopenhauer lui-même tournait en dérision l’approche biographique : « les semblables s’attirent, et les ragots méprisables d’un contemporain imbécile plaisent davantage que les pensées mêmes des grands esprits ». Mais David Bather Woods prévient l’objection en invoquant la circularité entre la pensée de Schopenhauer, sa personnalité et les circonstances de sa vie. « Expliquer le pessimisme philosophique de Schopenhauer par le chagrin et l’angoisse serait manifestement idiot – mais son vécu particulier peut éclairer certaines de ses thèses les plus surprenantes… et celles-ci permettent à leur tour d’interpréter certains aspects de sa vie. »

L’étude entremêle donc le récit biographique et l’analyse des grandes thèses du philosophe allemand (mort en 1860). Celles exposées dans son très complexe grand œuvre (1819, trois fois révisé), Le Monde comme volonté et comme représentation, et plus encore leurs conséquences explorées dans ses Parerga et Paralipomena (« Suppléments et Omissions», 1851), ouvrage beaucoup plus accessible. L’entrelacs entre les idées de Schopenhauer et ses propres circonstances psycho-biographiques commence avec le socle de sa théorie : son « pessimisme clairvoyant » reflète sa vision tragique de l’existence humaine dominée par la Volonté, un « vouloir vivre » universel et irrationnel qui fonde la dictature du désir et donc la souffrance ; quant à la « Représentation », c’est-à-dire la perception que nous avons du monde et sans laquelle celui-ci n’existerait pas (« Je suis le pivot du monde »), ne traduit-elle pas l’égocentrisme forcené d’un solitaire fuyant le contact avec ses semblables, traumatisé par l’expérience amère de sa jeunesse universitaire dans un Berlin ravagé par le choléra et qui en plus dédaignait ses travaux ?

Si Schopenhauer se déchaîne tant contre les philosophes rationalistes, Hegel surtout (« Un charlatan […] qui n’avait rien à dire mais le disait quand même »), c’est aussi que ce dernier refusait du monde dans ses cours alors que lui-même enseignait dans des salles presque vides. S’il légitime le « droit au suicide » au nom de sa vision tragique de l’existence, le probable suicide de Monsieur Schopenhauer père contribue à expliquer cette position très avancée pour l’époque. Idem pour sa misogynie rageuse, qui doit beaucoup au dédain que sa mère lui témoignait. Une mère par ailleurs romancière à succès et fleuron de la bonne société de Weimar, d’où l’acharnement de son fils à dézinguer les valeurs de ladite société : l’amour romantique, alors si en vogue (juste un déguisement du désir sexuel et de l’absurde volonté de procréer); le mariage bourgeois (une entrave à la liberté créatrice) ; la sanctification de la monogamie (une entrave à la liberté tout court) ; l’exaltation de la polygamie (plaidoyer pro domo !)… Il vilipende la justice punitive officielle – la terre n’est-elle pas déjà « un bagne à ciel ouvert » ? – et lui préfère les sanctions dissuasives ; mais lors d’un long voyage touristique avec sa famille dans sa jeunesse n’a-t-il pas assisté à des exécutions et visité des prisons, des bagnes et des asiles psychiatriques ? C’est donc en toute connaissance de cause que le proto-freudien Schopenhauer dénoncera ensuite le sort fait aux fous, qui ne sont que les victimes de répressions mentales contre lesquelles ils luttent en vain. Tout cela est bien triste. Mais si Arthur était né avec un tempérament joyeux au sein d’une famille heureuse et équilibrée, il n’y aurait pas eu le Schopenhauer que tant de grands esprits admireront, de Nietzsche et Freud à Kafka et Cioran.

[post_title] => Encore heureux que Schopenhauer fût triste [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => encore-heureux-que-schopenhauer-fut-triste [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-12-05 09:29:35 [post_modified_gmt] => 2025-12-05 09:29:35 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=133193 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
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Les intelligences artificielles (notez le pluriel) sont nos enfants. Il est temps de réfléchir sérieusement aux moyens de les éduquer. Sans quoi ils risquent de faire n’importe quoi. S’il est temps, c’est que les voilà au seuil de l’adolescence, et que déjà, à bien des égards, ils semblent nous échapper. Si nous n’agissons pas rapidement, ils prendront en mains leur propre éducation – une évolution sur laquelle nous n’aurons plus aucune prise. « Notre génération d’êtres humains est la dernière à être les parents de notre progéniture IA, écrit De Kai. Bientôt ils s’élèveront eux-mêmes. »

D’origine chinoise, De Kai est né aux États-Unis. Il y a fait carrière, même s’il a noué des liens étroits avec l’université de science et de technologie de Hong Kong. C’est là qu’il a développé les outils IA de traduction qui nous sont familiers, dont Google Translate. Également pianiste et compositeur, il est imprégné des valeurs des Lumières, qu’il promeut dans son think tank américain The Future Society. 

Comme les enfants, les systèmes IA sont « malléables, vulnérables et impressionnables », résume Adrian Woolfson dans ScienceBien qu’ils ne soient pas de nature biologique, ils ont en eux une forme de « psychologie ». Et comme pour les enfants, la façon dont nous les élevons, les concevons, les entraînons, leur apprenons à agir, va déterminer leur trajectoire morale. Or aujourd’hui, « à l’aube de la civilisation IA », écrit De Kai, les systèmes en question sont largement non régulés, profondément opaques et dominés par les intérêts d’une poignée de géants de la tech, dont l’unique objet est de maximiser leurs profits. Résultat : nous sommes les victimes inconscientes d’« influenceurs artificiels » qui tendent à renforcer nos penchants malsains et nos préjugés.

L’enjeu est de définir des stratégies qui imprègnent les systèmes AI des valeurs des Lumières et leur confèrent à la fois une « empathie artificielle » et une « conscience artificielle ». Or engager une telle « hyper-évolution culturelle » est à notre portée, estime De Kai. Les moyens techniques existent, encore faut-il les développer.

[post_title] => Sus aux influenceurs artificiels ! [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => sus-aux-influenceurs-artificiels [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-12-05 09:29:31 [post_modified_gmt] => 2025-12-05 09:29:31 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=133190 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
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Un célèbre livre jeunesse américain, Charlotte's Web (1952), a vu son titre détourné par le Department of Homeland Security des États-Unis pour baptiser une opération d’arrestation et d’expulsion de migrants en Caroline du Nord. Ce choix a de quoi surprendre – ce roman met en scène l’amitié entre un cochon et une araignée ; l’un des thèmes centraux est la solidarité, bien loin de la violence et de la stigmatisation associées à cette opération. L’opération, menée notamment par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), a entraîné des interpellations nombreuses, parfois arbitraires selon des témoignages et des vidéos relayées sur les réseaux sociaux.

A lire sur ActuaLitté

Un procès s’ouvre à Berlin contre cinq hommes accusés d’une vaste escroquerie – dite « faksimile-betrug » – ayant visé des collectionneurs, majoritairement âgés. Entre octobre 2022 et mai 2025, cette bande aurait proposé de racheter des fac-similés (rééditions d’ouvrages anciens), présentés comme rares et promettant une revente lucrative. Avant tout rachat, les victimes étaient contraintes de verser une « caution », parfois élevée – jusqu’à 99 000 €. Le mécanisme était orchestré avec soin : bureaux fictifs, démarchage téléphonique, rendez-vous à domicile – un dispositif visant à inspirer confiance.

A lire sur ActuaLitté

Lors d’un « town-hall » à Samcheok (province de Gangwon‑do, Corée du Sud), une institutrice a demandé la poursuite de la construction d’une bibliothèque publique, dénonçant le manque d’accès à la lecture pour les enfants. Depuis cette prise de parole, elle fait l’objet de plaintes, de menaces (notamment des appels anonymes et des messages violents) et d’accusations à l’encontre du statut d’agente publique. Les pressions se sont poursuivies deux mois durant, provoquant pour la victime une anxiété grave ; seuls les reproches institutionnels ont été officiellement abandonnés.

A lire sur ActuaLitté

Un homme d’une cinquantaine d’années a été arrêté à Kota Bharu (Malaisie) pour avoir volé des livres dans deux bibliothèques – l’une publique, l’autre privée – puis les revendre sur Facebook. Alertée après qu’un collègue eut repéré des ouvrages mis en vente, la police a exploité des vidéos montrant le suspect dissimuler des livres dans ses vêtements. Des dizaines d’ouvrages sont portés manquants ; le préjudice global n’a pas été chiffré. L’homme a reconnu les faits pour les deux bibliothèques, et reste sous enquête.

A lire sur ActuaLitté

Le gouvernement japonais lance un plan pour soutenir les librairies face à la baisse continue du lectorat. Objectifs : moderniser les librairies (gestion des stocks via puces RFID, équipements numériques), réduire les invendus, et renforcer la coopération entre librairies et bibliothèques. L’enjeu est double : éviter la disparition des commerces de proximité et relancer l’accès au livre sur l’ensemble du territoire.

A lire sur ActuaLitté

Un exemplaire en excellent état du numéro 1 du comic Superman #1, publié en 1939, a été vendu aux enchères le 20 novembre pour 9,12 millions de dollars – soit près de 8 millions d’euros. Retrouvé en 2024 dans le grenier familial d’un trio de frères après le décès de leur mère, le comic était dissimulé sous des journaux et laissé dans une boîte. Noté 9/10 par l’organisme de cotation spécialisé (la meilleure note connue pour ce titre), il devient ainsi la bande dessinée la plus chère jamais vendue – détrônant Action Comics #1, adjugé 6 millions de dollars en 2024.

A lire sur ActuaLitté

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Il fallait un chercheur grec installé à Londres pour le découvrir : l’Occident, au sens moderne du terme, est une idée française. Elle a été formulée par Auguste Comte dans les années 1840, après qu’a émergé, dans les années 1830, la crainte toute nouvelle du pouvoir russe. Il s’agissait de nommer une « entité civilisationnelle », écrit Hans Kundnani dans le Times Literary Supplement, qui excluait la Russie. L’idée plongeait bien sûr ses racines dans un passé plus lointain, à commencer par la séparation entre l’empire romain d’Occident et celui d’Orient, berceau de la religion orthodoxe. C’est à partir des écrits de Comte que le concept de « West » a été exporté en Angleterre et aux États-Unis. L’aspect le plus nouveau était peut-être l’exclusion de la Russie, car au XVIIIe siècle, après Pierre le Grand et avec Catherine II, celle-ci était pleinement considérée comme européenne. À preuve son inclusion dans le congrès de Vienne en 1814-1815. Comte, qui avait créé la Revue occidentale, intégrait dans sa conception de l’Occident les nouveaux États d’Amérique fondés par les colons européens. L’ensemble civilisationnel ainsi constitué représentait à ses yeux « l’élite de l’humanité ». Il lui promettait un avenir radieux, imprégné de sa « philosophie positive », libéré de toute forme de conflit intérieur ou extérieur.   

[post_title] => L’Occident, une idée contre la Russie [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => loccident-une-idee-contre-la-russie [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-11-27 11:58:48 [post_modified_gmt] => 2025-11-27 11:58:48 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.books.fr/?p=133152 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw )
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Né en 1979, Hu Anyan raconte sa vie de livreur à Pékin – livreur d’objets commandés en ligne, ce dont les Chinois raffolent. Plus de 175 milliards de colis ont été livrés en 2024, soit 124 par personne, enfants compris, relève The Economist. Pour gagner le revenu mensuel qu’il recherche, Hu Anyan sait qu’il doit se faire 270 yuans pour chaque journée de travail, d’une durée de 11 heures, 26 jours par mois. Il compte deux heures pour préparer sa tournée. Comme il reçoit deux yuans par colis, il doit en livrer un toutes les quatre minutes pendant neuf heures. « Il s’est mis à considérer chaque minute comme un demi-yuan potentiel, écrit The Economist. Aller aux toilettes : un yuan. Payer et manger son repas : 25 yuans. Il a appris à moins boire d’eau et à sauter son déjeuner. » Tout accroc à ce beau programme est une catastrophe. Le pire : quand le client a fait une erreur sur l’adresse. 

Publié en 2023, le livre s’est vendu à près de 2 millions d’exemplaires. Son succès ne s’explique pas seulement par la qualité du témoignage. L’économie chinoise s’étant ralentie, beaucoup d’entreprises ont licencié et réduit les salaires, et le nombre de personnes en situation précaire a beaucoup augmenté.   

Le livre arrive en traduction chez Autrement en janvier prochain.

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On ne le voit pas, on ne le connaît que par ses effets, mais il a façonné la surface de notre planète et l’histoire de ceux qui vivent dessus. Il s’agit du vent, auquel le fameux géologue-journaliste britannique Simon Winchester, polygraphe et polymathe, consacre son dernier ouvrage sur les phénomènes naturels. La puissance du vent, explique-t-il, connaît deux extrêmes : il souffle à 372 km/h au sommet du mont Washington dans le New Hampshire aux États-Unis, à cause d’une configuration de la chaîne de montagnes qui concentre plusieurs courants ; à l’inverse, dans la zone de convergence intertropicale atlantique, il ne souffle parfois pas du tout (le pot-au-noir). Les vents eux-mêmes sont tantôt calamiteux tantôt bénéfiques, mais tous ont été longtemps tenus pour inexplicables. Les hommes de jadis ont donc sorti le joker traditionnel et les ont divinisés. 

C’est à Sumer, où est née l’écriture et donc l’histoire, qu’on rencontre les premiers dieux/vents : ils étaient quatre, plus ou moins alignés sur les points cardinaux. Puis d’autres ont apparu partout ailleurs dans l’Antiquité : en Égypte, avec le dieu Taou, dont le hiéroglyphe représente une voile stylisée, symbole du vent du Nord qui permet aux bateaux de remonter le Nil ; en Chine où le vent (Feng) est transcrit par un caractère symbolisant peut-être les battements d’aile d’un oiseau fabuleux ; au Japon (Kaze) ; en Perse ; dans la Bible… Et bien sûr en Grèce, où Aristote a tenté dans le premier des quatre volumes de ses Météorologiques d’expliquer l’origine physique du vent – mais, reconnaît Simon Winchester, « même un penseur aussi logique qu’Aristote n’a pas pu y parvenir sans faire appel aux dieux ». Et d’ailleurs on voit encore au pied de l’Acropole d’Athènes l’octogonale Tour des vents, une sorte de station météo antique qui permettait d’identifier d’après leur direction les huit grands vents divinisés. Les navigateurs hawaïens quant à eux avaient dénombré et nommé plus de 600 vents qui circulaient entre leurs îles. 

Plus tard, à force d’observation, les marins parviendront à comprendre les caractéristiques des vents et à les exploiter pour leurs voyages. Si bien que ceux dont les mécanismes de mieux en mieux connus sinon expliqués vont devenir une force majeure dans l’évolution de nos civilisations. Une force maîtrisée, comme les vents alizés – appelés moins poétiquement en anglais « vents commerciaux » (« trade winds ») – « qui ont déterminé l’histoire des échanges au sein du capitalisme global en orientant la direction des flux d’argent et de marchandises selon la spécifique circulation transcontinentale des vents favorables ou défavorables », résume Philip Hensher dans The Spectator. Mais aussi, et peut-être plus fréquemment, une force subie et fortuite, comme ces vents qui à la fin du XVIIe ont détourné la Grande Armada espagnole des rivages de l’Angleterre ou plus récemment qui ont poussé vers l’ouest le nuage radioactif de Tchernobyl, révélant la catastrophe nucléaire qui portera le coup de grâce à l’URSS aux abois. L’auteur consacre d’ailleurs beaucoup de pages aux vents nocifs : entre autres, les vents de sable du désert tels le khamsin du Sahara et le haboub soudanais, le meltem grec qui désespère les vacanciers, et même notre mistral qui met les nerfs à vif et servirait encore à ce jour de circonstance atténuante dans les procès pour violences domestiques. Et malgré les progrès considérables de la météorologie, les hommes d’aujourd’hui n’en ont pas fini avec les mystères aérologiques. « Des choses étranges et pas totalement explicables se produisent en effet dans le domaine du vent », s’étonne l’auteur. Alors qu’ouragans ou typhons semblent à la fois devenir plus fréquents et plus violents, un peu partout sur la planète, les vents traditionnels perdent en intensité et en vitesse voire disparaissent. C’est le « global stilling », ou « calme éolien global », une mystérieuse et sans doute déplorable « sécheresse de vent ». 

Un géographe américain du début du XXe, Ellsworth Huntington, a proposé une variante de la théorie des climats de Montesquieu, fondée non sur les mœurs mais sur la biologie : selon lui, les peuples exposés par leur environnement venteux à de constants et imprévisibles aléas climatiques seraient biologiquement plus stimulés – donc plus énergiques et plus inventifs – que ceux confrontés à des climats irrévocablement chauds ou froids, comme sous les tropiques, dans les déserts ou au Grand Nord. Simon Winchester semble donner du crédit à ces idées controversées. Serait-ce parce que cet Anglais y voit une occasion de corriger la mauvaise réputation climatique de son île, accablée de vent et de pluie ?

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Il ne fait pas bon critiquer le wokisme dans les milieux de gauche. La déferlante anti-woke du trumpisme paraît délégitimer a priori toute initiative de ce genre. Paru il y a déjà un an, le livre de l’essayiste de gauche américain David Rieff est d’autant plus intéressant. C’est un réquisitoire. À ses yeux le wokisme n’est guère plus qu’une « version postmoderne des indulgences médiévales vendues par l’Église » pour permettre à tout un chacun de se dédouaner de ses péchés, un cache-sexe moral, un arsenal de « bonnes intentions » – qui serait même capable de « détruire ce que notre civilisation a de bon, sans améliorer ce qu’elle a de cruel et de monstrueux ». Il y voit aussi « l’expression d’une hypochondrie morale et sociale », car « nous vivons dans une culture dans laquelle ne pas se considérer comme une victime est une pathologie ». 

Elle-même auteure d’un ouvrage intitulé « La gauche n’est pas woke », publié un an plus tôt, sa compatriote Susan Neiman profite du livre de Rieff pour préciser sa pensée, ce dans la revue intellectuelle de gauche par excellence, la New York Review of Books. Elle n’adhère pas au point de vue de Rieff, pour qui le spectacle des inégalités justifierait de restaurer la notion de classe sociale : « Alors qu’on voit des titulaires d’un doctorat conduire des Uber pour des millionnaires qui ne lisent rien », écrit-elle, vouloir substituer un « essentialisme » de classe à l’essentialisme de race promu par les woke serait remplacer une politique identitaire par une autre. Or l’identitarisme, voilà l’ennemi. Les woke ne se rendent pas compte qu’ils greffent sur leurs émotions de gauche des croyances qui sont celles de la droite traditionnelle. Des « thèmes centraux des woke, assure-t-elle, se trouvent dans l’œuvre du théoricien nazi Carl Schmitt : une adhésion nonchalante au tribalisme, la conviction que l’invocation de l’humanité est un stratagème frauduleux du libéralisme, la nostalgie de l’âge prémoderne ». 

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