Publié dans le magazine Books n° 98, juin 2019. Par April Cashin-Garbutt.
Les scientifiques ont longtemps refusé de parler d’émotions à propos des animaux. Le problème tient à la confusion entre émotions et sentiments. Les émotions sont des états physiques et mentaux en réaction à l’environnement. Les sentiments sont l’interprétation subjective qu’on en fait.
Comment définissez-vous les émotions et en quoi se distinguent-elles des sentiments ?
Les émotions sont des états du corps et de l’esprit. Les psychologues ont tendance à oublier le corps parce qu’ils se concentrent davantage sur les sentiments quand ils interrogent les gens dans le cadre d’une enquête.
Les émotions sont des états du corps en réaction à l’environnement. Elles se manifestent notamment par une modification de la tension artérielle, de la température corporelle, du rythme cardiaque. Quand nous décrivons nos émotions, nous faisons souvent référence à nos viscères, nous parlons par exemple de notre ventre ou de notre cœur. Il y a un grand spectre d’émotions, mais les principales sont la peur, la colère, l’amour…
Les sentiments relèvent davantage d’une évaluation subjective, et toutes les émotions ne parviennent pas au stade du sentiment. Les sentiments supposent à la fois d’éprouver des émotions et de les interpréter.
Le stade du sentiment est beaucoup plus difficile à appréhender, et cela a souvent servi à discréditer l’idée des émotions animales, au motif que nous ne saurons jamais ce que ressentent les animaux....